Qu’est-ce qu’un design « Anti-Projection » ?

Pour ce deuxième article de la rubrique, nous avons choisi de vous présenter le principe de la conception « anti-projection » qui est appliqué à chacun des produits sortant du bureau d’études Slack Inov’.

 

Les risques

Quand une slackline est mise sous tension, cela créé un allongement de la sangle qui accumule une énergie potentielle élastique. Pas besoin d’être un cador en physique pour comprendre que si l’élingue casse par exemple, toutes les pièces métalliques de type cliquet, poulies ou banana vont être projetées. Et malheureusement, cette projection sera dirigée vers le milieu de la sangle, autrement dit vers le slackeur !

Quelques règles de base

La première règle est d’être intelligent. Quand vous faites une installation, pensez à toujours anticiper le risque. Avant d’accrocher votre slackline sur un gond de volet, posez-vous les bonnes questions : « Est-ce que c’est suffisamment solide ? Que vas-t-il se passer si ça casse ? » Pour répondre à la deuxième question, on en arrive au principe du backup. Si vous ne comprenez pas de quoi il s’agit, je vous invite à lire la notice des mouflages Slackimoufle ou mini Double. La troisième règle s’adresse aux concepteurs, et c’est ce que nous allons développer dans cet article. Il est très important de concevoir le matériel de manière à ce qu’en cas de casse, les dégâts soient limités au maximum. Rassurez vous, chez Slack Inov’ ce sont des questions que l’on se pose.

 

Cas du banana

Un banana peut casser à différents endroits :

Par exemple Le Slackibloc 3.1 : On peut se poser la question : vaut-il mieux qu’il casse au niveau 1, 2 ou 3 ?

1 : Si le banana cède au niveau 1, il ne sera plus retenu par la manille. Il va donc voler en direction du slackeur.

2 : Si le banana cède au niveau 2, même chose que dans le cas n°1.

3 : Dans ce cas, la sangle serait libérée (voir déchirée selon les cas de figure) mais aucune pièce mécanique ne volera en direction du slackeur.

Banana « Anti-Projection »
(Dans le cas du Slackibloc 3.1 ou du Slackibloc Jump, c’est le pin qui lâche en premier, le résultat reste le même.)
Exemple de banana mal conçu : la casse a lieu au niveau de sa connexion avec la manille.

Cas du mouflage

Sur les mouflages Slack Inov’(Mini Double et Slackimoufle), C’est la drisse qui cède en premier. Cela n’empêche pas le matériel de voler, mais le chemin de corde au sein des poulies créé une inertie qui limite de beaucoup la projection comparé à une rupture de l’œil de connexion. Si l’on utilise le Staup, la drisse glissera dans le frein bien avant la rupture du matériel (6kN dans le brin).

Et la Fatigue ?

Dans de nombreux cas, une rupture en fatigue n’aura pas lieu au même endroit que lors d’un essai de traction simple. Cela est notamment dû au fait qu’en traction simple le métal se déforme avant de rompre, ce qui modifie la géométrie de la pièce et donc la localisation des zones de fortes contraintes.

Avant / après, on remarque clairement la déformation de l’anneau de connection.

Les pièces soumises au cisaillement subissent elles aussi un comportement spécifique. Par exemple, c’est pour parer au phénomène de fatigue que les flasques du banana Jump sont fragilisées au niveau du petit axe. Le but étant d’être certain que si rupture il y a, celle-ci ait lieu sur la partie avant du banana et non au niveau d’un œil de connexion.

Conclusion : Don’t worry !

Ces conceptions ne remplacent en rien un backup, mais limitent de manière très significative les risques d’accident quelles que soient les configurations. Je ne sais pas pour vous, mais moi ça me permet de dormir tranquille.

Florent Berthet

Ingénieur Génie mécanique

Concepteur des produits Slack Inov’

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